Bref historique de la Fasciathérapie - Thérapie des fascias - Ostéopathie fasciale

Andrew Taylor Still (1828-1917) médecin américain et fondateur de l'Ostéopathie fut l'un des premiers à s'intéresser aux fascias sur un plan thérapeutique. Dans le concept ostéopathique, la qualité de la vascularisation, et donc la capacité de nutrition des tissus, revêt une importance fondamentale. Les vaisseaux sanguins étant transportés et protégés à travers du tissu fascial, Still s'est donc très vite intéressé à ce tissu si spécial et omniprésent dans le corps humain. En effet, il incriminait fortement les dysfonctions de ce tissu dans le développement de certaines pathologies.

Depuis les années 1980, des auteurs comme Danis Bois, kinésithérapeute et ostéopathe, se sont repenchés sur l'approche des pères fondateurs de l'Ostéopathie et ont permis de réactualiser des concepts vieillisant du XIXe siècle en les réintroduisant dans un cadre moderne et scientifique. Aujourd'hui la fasciathérapie est enseignée dans certaines écoles d'Ostéopathie et dans une école spécialisée à Paris.

Un fascia, c'est quoi ?

Un fascia est une membrane fibro-élastique qui recouvre ou enveloppe et relie entre elles les différentes structures anatomiques.
Ce tissu conjonctif est composé de nombreuses fibres de collagène, de réticuline et d'élastine immergées dans une substance aqueuse (la substance fondammentale) ce qui lui assure résistance et élasticité.La présence de myofibroblastes, des cellules ayant un potentiel contractile, au sein de ce tissu, peut lui donner une certaine contractibilité.



Les fascias portent des noms différents en fonction de leur localisation :

Les fascias d’enveloppe des poumons, du cœur, des viscères sont respectivement nommés plèvre, péricarde et péritoine.
Les fascias d’enveloppe des muscles sont appelés fascias myotensifs.
Ces derniers se prolongent par les tendons constitués eux aussi de fascia et qui s’insèrent sur les os.
Le fascia d‘enveloppe de l’os est appelé périoste.
Les fascias sont également présents au sein des articulations sous la forme notamment des capsules et des ligaments.
Le tissu qui enveloppe la peau (le derme en particulier) et les aponévroses sous-jacentes font partie de cette grande famille.
Le système nerveux central possède son propre fascia, à savoir les méninges (particulièrement la dure-mère), membranes d’enveloppe du cerveau et de la moelle épinière.
Les nerfs sont enveloppés à plusieurs échelles par du tissu fascial : autour de la fibre neuronale (endonèvre) puis autour des faisceaux (périnèvre) jusqu'à la périphérie du nerf entier (épinèvre).
Les vaisseaux sanguins et lymphatiques possèdent eux aussi une périphérie conjonctive fibreuse (l'adventice) assimilable à un fascia.

En bref, le fascia est partout dans votre corps, il enveloppe à de multiples échelles et relie entre eux tous les autres tissus constituant ainsi une continuité corporelle totale.

Les fonctions du fascia

Les fascias assurent des rôles vitaux multiples :

Intégrité structurelle : en reliant les organes et les os entre eux, le système fascial permet de maintenir l'intégrité corporelle et d'éviter la dislocation en particulier sous l'action de la gravité terrestre ou lors de chocs physiques. Sa composition fibro-élastique lui permet d'absorber les chocs et ainsi protéger l'ensemble du corps.

Compartimentation : le système système fascial permet de compartimenter les différents organes et ainsi de séparer les différents liquides biologiques (sang, lymphe, liquide cérébro-spinal, salive, lait, bile, urine...). En plus de ce rôle organisationnel, la compartimentation revêt une importance immunitaire en entravant la diffusion de micro-organismes pathogènes.

Nutrition : C'est au sein du tissu fascial que cheminent les vaisseaux sanguins permettant de perfuser chaque organe. Cette fonction est primordiale dans le concept ostéopathique.

Sensorialité et motricité : C'est aussi au sein du tissu fascial que cheminent les nerfs sensitifs et les récepteurs neurologiques permettant de percevoir les contraintes physiques, le chaud, le froid et la douleur au niveau d'une zone corporelle. Le soutient des nerfs moteurs permet quant à lui de véhiculer correctement des informations jusqu'aux organes cibles (muscles, viscères...).

En bref, le fascia revêt un rôle fondamental sur la bonne fonction des différents organes (foie, muscles, coeur, poumons, thyroïde, ovaires/testicules, intestin etc...) car c'est ce tissu qui enveloppe les vaisseaux sanguins et les nerfs qui nourrissent, détoxifient et contrôlent les organes.

Les agressions fasciales

Le système fascial peut être agressé de diverses façons :

Chocs physiques violents, séquelles chirurgicales & obstétricales :

Lors d'un choc dont la puissance dépasse les capacités d'absorption du fascia, certaines fibres vont se rompre ce qui aboutit à une distension voire à une déchirure du tissu. C'est le mécanisme des entorses (chevilles, genoux, cervicales..). Une fois lésé, le fascia va se rétracter pour permettre la cicatrisation et une réaction inflammatoire locale va entrainer une fibrose du tissu (hyperproduction de fibres inextansibles de collagène au détriment des fibres d'élastine). Le but étant, d'un point de vue évolutif, de réparer le plus vite possible le tissu lésé pour augmenter les chances de survie de l'individu. Il en va de même pour les conséquences d'une chirugie ou d'un accouchement.

Cependant, une fois la cicatrisation achevée, ce mécanisme aura des conséquences : épaississement du fascia, perte d'élasticité et donc perte de mobilité de la zone concernée qui peut à son tour modifier la posture globale du patient et créer des douleurs à distance. Si le tissu fascial concerné est une zone de passage de nerfs ou de vaisseaux sanguins, cela peut avoir des conséquences neurologiques ou vasculaires en aval de la lésion.
Suite à une chirurgie, on peut aussi fréquemment observer des adhérences conjonctives fixant entre-eux des tissus censés normalement pouvoir glisser les uns sur les autres.
Dans ce cas, le travail de l'ostéopathe-fasciathérapeute consistera, une fois la cicatrisation achevée, à retrouver une certaine mobilité grâce à des techniques très douces et éventuellement à diminuer les conséquences à distance de cette lésion.

Micro-traumatismes à répétition :

Même si un traumatisme n'est pas assez puisssant pour rompre des fibres conjonctives, une répétition de micro-traumatismes sur le long terme peut avoir des conséquences sur le fascia. On pense notamment au travail à la chaine ou à une répétition plus ou moins bien exécutée de mouvements sportifs. Ces micro-traumatismes répétitifs peuvent aussi venir de troubles posturaux (attitude scolique) voire orthopédiques (scoliose vraie, maladie de Scheuermann...) qui modifient les axes de mobilité physiologiques de certaines articulations provoquant ainsi des excès de tension sur certaines zones fasciales. La conséquence sera une inflammation plus ou moins douloureuse de la zone concernée (tendinite, apronévrosite, capsulite, fasciite...) suivie d'une fibrose dont les conséquences seront les mêmes que celles d'un choc violent mais sur un mode d'installation progressif.

Grossesse :

La posture de la femme enceinte va progressivement d'adapter à la place qu'occupe le foetus. Ces changements posturaux vont modifier l'organisation des tensions fasciales dans le corps. Pour certaines femmes, cette adaptaption peut être difficile voire douloureuse. Le rôle de l'ostéopathe-fasciathérapeute consistera alors à faciliter cette transition posturale et à préparer l'accouchement en veillant à une bonne mobilité du bassin et du périnée.

Chocs émotionnels / Stress :

Les états émotionnels peuvent aussi avoir une répercussion sur le fascia. En effet, les changements posturaux qu'ils provoquent vont modifier l'organisation des tensions fasciales dans le corps.

Immobilisation prolongée :

Lors d'une immobilisation prolongée (alitement prolongé, fauteuil roulant), on assiste à un enraidissement du tissu conjonctif. Un travail en fasciathérapie participera à lutter contre ces raideurs conjonctives et donc à préserver l'autonomie du patient.

Vieillissement naturel :

Le vieillissement naturel de l'organisme provoque une diminution de la proportion d'élastine au sein des tissus fasciaux provoquant une diminution de leur élasticité et donc une diminution de la mobilité globale de la personne vieillissante. Un suivi régulier en ostéopathie/fasciathérapie permet de protéger ce capital de mobilité et ainsi préserver l'autonomie physique du patient le plus longtemps possible.

Agressions immunologiques/rhumatismales :

Chez certains patients, le système immunitaire, censé protéger l'organisme, se retourne contre lui : ce sont les maladies dites auto-immunes. On retrouve dans cet ensemble pathologique certaines maladies rhumatismales et en particulier les connectivites (atteinte inflammatoire du tissu conjonctif) dont :

- la polyarthrite rhumatoïde
- la pseudo-polyarthrite rhizomélique
- la maladie de Behçet
- le lupus erythémateux disséminé
- la dermatopolymyosite
- le syndrome de Shulman ou fasciite à éosinophilie
- la sarcoïdose...

Dans la plupart de ces maladies, les processus pathologiques, qui évoluent par poussées, restent globalement semblables au niveau des fascias : Cela commence par une agression immunologique provoquant une inflammation conjonctive aboutissant à une fibrose provoquant une perte de mobilité au fil des poussées. Dans le cas de déformations articulaires importantes, l'ostéopathe-fasciathérapeute ne pourra pas "redresser" les déformations car c'est la structure osseuse qui a été altérée. Néanmoins, si le patient n'est pas en poussée inflammatoire (phase froide), le praticien pourra entreprendre un traitement afin de retrouver une meilleure mobilité fasciale et donc une meilleure autonomie physique malgrè les déformations osseuses.

Infections bactériennes :

Dans de rares cas, des infections liées à certaines bactéries peuvent provoquer une fasciite nécrosante. Cette infection grave nécessite une prise en charge médicale et chirurgicale urgente car son évolution est rapide et potentiellement fatale. Dans ce cas, l'ostéopathe-fasciathérapeuthe ne pourra entreprendre un traitement qu'une fois l'infection totalement guérie et les lésions cicatrisées.

Agressions chimiques/toxiques :

L'exposition à certains produits chimiques/toxiques (solvants, bases/acides, oxydants/réducteurs puissants) peut aussi induire une inflammation et donc une fibrose du tissu fascial.
La consommation excessive et régulière d'alcool va elle aussi provoquer des fibroses. C'est le cas de la cirrhose où le foie, attaqué par des mécanismes toxiques, inflammatoires et immunologiques, devient de plus en plus dur, pierreux à cause d'une fibrose progressive.

Cancer et métastates :

Certaines fasciite peuvent-être d'origine tumorale (cancer primaire) ou métastatique (cancer secondaire). Il s'agit alors d'une contre-indication absolue à tout traitement en médecine manuelle sur la zone concernée. La prise en charge nécessite obligatoirement un suivi oncologique et le thérapeuthe manuel ne pourra travailler qu'une fois que l'oncologue considère qu'il n'y a plus de risque d'extension métastatique. Le traitement fascial devra tenir compte des différentes interventions qui ont pu être réalisées : chimiothérapie, chirurgie, radiothérapie, pose de voie veineuse centrale... (cf. "séquelles chirurgicales" & "agressions chimiques/toxiques").

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